Un nouveau modèle de festival

Teaser- Résumé: 
Cette année, le Zoofest présente plus de 40 spectacles différents venant autant d’artistes émergents que d’artistes confirmés dans leur pays. Comment est-ce qu'on réussit à trouver tout ce nouveau beau monde?

Cette année,  Zoofest présente près de 40 spectacles différents venant autant d’artistes émergents que d’artistes confirmés dans leur pays. Comment est-ce qu'on réussit à trouver tout ce nouveau beau monde?

Premièrement, à Zoofest, une équipe de dépisteurs passe quelques mois par année à faire le tour des différents festivals à travers le monde. L'équipe scrute près de 1000 représentations pour en choisir une cinquantaine. Quelques découvertes se font aussi grâce à la magie des internets, mais disons que la meilleure façon de trouver de bons spectacles, c'est d'y assister! Bref, un véritable travail de recherche se fait pour la sélection des meilleurs spectacles et des perles rares.

Une fois les artistes sélectionnés, les organisateurs doivent les contacter afin de les inviter à se produire à Zoofest. Toutefois, pour ce nouveau festival, la façon de faire est complètement différente des autres promoteurs.

En général, un festival (ou organisateur d’événement) fonctionne en offrant un cachet fixe aux artistes, et les profits, s'il y a lieu, retournent aux organisateurs. Aucun risque pour l'artiste et beaucoup pour le promoteur, surtout lorsqu'on baigne dans un environnement inédit.


Les festivals qui ont inspiré Gilbert Rozon (lire l'article Montréal, une ville, un festival), sont des pay to play. Les artistes doivent produire leurs spectacles à leur frais. Ils payent leur salle, leur chambre d'hôtel, leur déplacement et prennent les profits sur les ventes de billets. S’ils se font découvrir, c’est la consécration! Sinon, plusieurs retouchent leur show et reviennent l’année suivante. Il s'agit donc d'un investissement pour l'artiste, mais d’un investissement qui peut rapporter gros.

Zoofest utilise une stratégie différente basée sur un partage des risques et des profits. Zoofest n'offre pas de cachet aux artistes. En échange de la performance, l'organisation fournit la salle, la technique, la promotion, les relations de presse, les ventes, le service de billetterie, etc. Les profits sont ensuite partagés 50-50. Ça, c'est pour les artistes locaux.

Pour ceux qui viennent de l'étranger, Zoofest rembourse les frais de déplacement (avion, repas, hôtel), mais les surplus sont divisés à 80-20 en faveur du promoteur.

Lorsque Zoofest a été créé, son modèle d’affaires n'existait pas. Il a donc fallu convaincre les artistes que celui-ci était pertinent. Il fallait démontrer les avantages aux artistes de ne pas être payé à cachet. Pour réussir à faire cela, disons que la force de Gilbert Rozon a bien servi. De plus, les spectacles de la relève de Juste pour rire ont été transférés vers ce nouveau département.

L'idée derrière cela est d'amener l'artiste au même niveau d'implication que le promoteur pour vendre le spectacle. À Zoofest, on veut que les artistes poussent leur spectacle en communiquant avec le public, avant ou après leur spectacle, dans la même ambiance qui règne à Édimbourg. D'ailleurs, le succès de ce genre de festival repose beaucoup sur le bouche-à-oreille. L’artiste est la personne la mieux placée pour enclencher ce phénomène.

Toutefois, pour que ce modèle fonctionne, les artistes doivent embarquer et croire dans le projet. On demande donc un risque de la part l'artiste. Si tel n'était pas le cas, Zoofest ferait la même chose que les gros festivals, soit produire de gros noms, en leur donnant toute la place, pour garantir des revenus. Les artistes émergents seraient relégués au second rang et les dépisteurs en quête du next big thing ne viendraient pas à Montréal…

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